LES 10 MEILLEURS FILMS DE 2018

Repost d’un article initialement publié sur mon ancien blog le 9 janvier 2019

Clairement, les TOP 10 meilleurs films 2018 ça se fait avant la fin de 2018 mais ici on a décidé d’être edgy jusqu’au bout (et d’être flemmards et de faire la chose à la dernière minute, surtout) alors voici, un peu tardivement, en 2019 la liste de mes 10 films préférés de 2018.

(Je préfère prévenir, ce top 10 va faire mal aux yeux à certain-e-s, les plus cinéphiles notamment, parce que mes critiques cinéma sont nulles à chier, en fait pour être honnête, c’est même pas vraiment des critiques cinéma. Parce que j’ai juste envie de parler des films que j’aime de manière chill et simple et aussi parce de que de toute façon, je sais pas dire pourquoi j’aime les films que j’aime de manière constructive (vous vous en rendrez compte de toute façon). Parce que j’avais pas envie de faire un truc qui soit pour des cinéphiles justement, mais un truc que tout le monde peut lire même si le ciné, c’était pas trop leur truc à la base. Donc c’est vraiment un TOP 10 meilleurs films – racontage de vie et puis voilà)

10. Lady Bird de Greta Gerwig

 Si vous avez adoré Frances Ha de Noah Baumbach et Greta Gerwig (que je recommande TOTALEMENT) comme moi, vous comprendrez directement pourquoi j’adore ce film : parce qu’on y retrouve cette même patte de Greta Gerwig avec toute sa légèreté et son optimisme pas si optimiste mais qui fait du bien quand même. Autrement, j’avoue que j’ai toujours du mal à défendre Lady Bird comme un grand film parce que c’est pas que les gens l’aiment pas, c’est juste qu’ils y voient rien d’exceptionnel. Et peut-être que c’est vrai hein, mais pour moi, Lady Bird c’est un giga feel-good movie et qui me fait vraiment vraiment du bien pour le coup. C’est un film super juste sur l’adolescence,  sur les désillusions à l’adolescence, qui est certes simple, mais juste. C’est un mot vraiment typique de critique cinématographique mais je vais l’utiliser, parce qu’il est, effectivement, rafraîchissant, il est drôle, joli à voir, en partie grâce à la couleur de Saoirse Ronan qui lui va trop bien, divertissant et il fait du bien, comme je l’ai déjà dit trente fois. Et après tout, pourquoi on a pas le droit d’aimer des films qui nous font du bien juste parce qu’ils nous font du bien? Bon j’avoue j’ai juste pas d’arguments

 9. Leto de Kirill Serebrennikov

   J’suis vraiment pas une grande fan de film sur la musique, mais alors rock russe des années 80, franchement, j’étais pas du tout emballée. Mais je suis quand même allée le voir et j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé. Les scènes de musique étaient vraiment super plaisantes à voir, même quand on s’intéresse peu à la musique, elles sont particulièrement originales, y’a tout un jeu de montage et de dessin à chaque fois (mais je sais pas expliquer les choses donc si vous voulez voir de vous-mêmes, petit extrait pour vous donner l’eau à la bouche https://www.youtube.com/watch?v=VJONZuckr2A) et c’est toujours sympa d’entendre certains classiques rejoués. Mais je pense vraiment que c’est un film qu’on peut aimer même en dehors de la musique, les gens ont tendance à dire que c’est un film sur la liberté et la jeunesse et c’est un peu cliché mais en même temps, c’est un peu vrai et puis les relations entre les personnages sont super intéressantes à analyser, on a un triangle amoureux typique mais qui est un peu plus original que les conventionnels. Et petit + parce que Teo Yoo, un des acteurs principaux, est hot af

8. Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda

Une affaire de famille a remporté la Palme d’or du meilleur film en 2018 mais j’vous promets que c’est plus qu’une Palme d’or et que c’est vraiment un film qui vaut le détour. C’est pas un film chiant et purement d’auteur comme ont pu l’être d’autres films palmés les années avant, c’est vraiment un film chouette à regarder avec des scènes familiales très douces et pures, l’affiche est à mon sens assez représentative de ça. Mais c’est plus qu’un film familial japonais comme on peut en trouver, parce que toute la deuxième partie du film prend une tonalité très très différente, très loin de la douceur de la première partie et je pense que c’est ça, l’audace de couper autant avec l’ambiance première, qui fait la puissance du film. Mais je peux pas vous en dire plus sur la deuxième partie, parce qu’à mon avis je vous le spoilerai et c’est pas très intéressant, alors go le voir de vous-mêmes

 7. Memories of my body de Garin Nugroho

Memories of my body c’est vraiment le film dont je m’y attendais pas du tout, j’en avais pas du tout entendu parler, j’suis allée checker la bande-annonce juste un peu avant d’aller le voir et la BA proposait quelque chose de totalement différent de ce que j’ai vu : beaucoup plus violent, beaucoup plus centré sur la souffrance et badant à regarder alors que c’était pas du tout ça. C’était un film violent, y’avait du sang, mais c’est surtout un film que je retiens comme un film doux à regarder. Y’avait vraiment scènes très jolies, kitsch et émouvantes en même temps, que je meurs d’envie de revoir mais le film est trop peu connu pour réussir à retrouver les scènes sur Youtube. C’était un film qui était aussi super intéressant, c’était au sujet d’un garçon qui explore l’identité de son corps dans son intérêt pour des danses indonésiennes qui mêlent masculinité et féminité dans un même corps. En fait, c’était queer af. Et pour moi, clairement, c’est ce genre de film qu’on a besoin de davantage promouvoir parce que c’est ce genre de film qui offre la représentation qu’on mérite en tant que personnes asiatiques et notamment queer asiatiques

6. Black Panther de Ryan Coogler

Black Panther a fait beaucouuuup de bruit, mais à mon avis, on parle jamais assez de Black Panther alors voici encore une ode à Black Panther. J’ai pas envie de passer 30 ans à argumenter sur comment la représentation c’est quelque chose d’important pour les personnes racisées, parce que les personnes afrodescendantes concernées l’ont déjà fait beaucoup mieux que moi et très honnêtement, je vois pas trop ce que j’ai à dire, en tant que meuf asiatique, sur Black Panther en termes de représentation… Mais je pense que c’est le film qui m’a fait me dire qu’il fallait arrêter de juger ce que c’était un film important, un bon film à partir des critères traditionnels qu’on a fixé qui me semblent rétrogrades et nuls en plus (parce qu’à la fin c’est toujours des films de mec cishet blancs qu’on encense et pas d’autres) parce que les enjeux de représentation COMPTENT et que tous les enjeux politiques comme ceux dans Black Panther devraient être pris en compte quand on décide de ce qui fait ou pas un bon film. Et Black Panther est un grand film. Même si c’est un blockbuster, même c’est un film de super-héros et que c’est pas ce genre de films qu’on est censé applaudir et ériger en grand film, parce que c’était un film de super-héros mais qui était incroyable. L’intrigue était intelligente et pertinente, l’histoire tenait debout, les personnages et les acteurs étaient juste incroyables, c’était divertissant et beau à regarder et en même temps extrêmement touchant et on peut sentir à quel point le film est important, pour les personnes afrodescendantes mais pour la communauté racisée en général aussi, même quand on n’est pas concerné-e. Récemment, j’ai lu Une colère noire de Ta Nehisi Coates et y’a tout un passage sur comment il aimait penser que les personnes afrodescendantes étaient des héritiers et héritières de rois et reines africain-e-s et le fait que l’auteur du livre a aussi participé à la réécriture du comic Black Panther est pas anodin et j’ai trouvé ça vraiment super intéressant et super important. Et très honnêtement, les gens qui arrivent pas ou qui veulent pas comprendre comment Black Panther est un film important peuvent aller se faire foutre avec leur mépris de classe, leur incapacité à voir qu’un canon devrait pouvoir être mouvant et aussi leur racisme (parce qu’on sait c’est quel genre de demographics qui ragent devant un cast avec presque que des acteurs et actrices noir-e-s

5. Burning de Lee Chang-Dong

J’étais frustrée et j’avais le seum la première fois que j’ai vu Burning parce que je pensais que ça allait être un film typique sur les tueurs en série, qu’il allait satisfaire mes curiosités morbide et malsaine, et ça a pas du tout été le cas en fait. Du coup, je l’ai revu une deuxième fois et là, sans mes attentes, je l’ai adoré. Je suis pas sûre de savoir pourquoi je l’ai aimé, encore moins capable de dire pourquoi je l’ai aimé. Mais on va dire déjà qu’au deuxième visionnage, je pense l’avoir mieux compris. Du moins j’ai trouvé un intérêt au film : pour moi c’était davantage un film sur la façon dont le personnage principal vit la disparition de la fille qu’il aime que sur la disparition en soi (personne avait dit ça hein t’façon d’ailleurs mais moi j’avais mal compris) ce qui explique pourquoi je me faisais chier la première fois que je l’ai vu, et j’ai vraiment trouvé que c’était intéressant la façon dont ce film qui aurait pu être un thriller typique a été traité d’une autre manière : sous l’angle du personnage qui vit la disparition d’une proche et sur toute son évolution. Mais en fait je pense que ça suffit pas d’avoir trouvé un truc intéressant pour aimer un film, donc ça suffit pas mon argument précédent, mais je pense que j’ai  juste aimé Burning parce qu’au-delà de l’avoir trouvé intelligent, y’avait aussi de très jolies scènes, j’ai trouvé le jeu d’acteurs particulièrement remarquable (Haemi notamment est majestueuse) et que dans sa globalité, c’était un film qui était vachement bien foutu et moi j’aime bien ça

4. Climax de Gaspard Noé

Ca me fait vraiment chier de mettre un film de Gaspard Noé dans mes TOP parce que c’est vraiment pas un réalisateur que je porte dans mon cœur. Ca me fait d’autant plus chier parce que j’ai l’impression que comme d’habitude, avec Climax, on a un réalisateur blanc qui va exploiter des cultures de personnes racisées parce que c’est stylé et que ça va marcher alors qu’il a aucun respect pour les personnes racisées. Là en l’occurrence : le cas d’un réalisateur qui met en scène des danseurs et des danseuses majoritairement racisé-e-s qui font du voguing, du waacking (qui sont des danses politiques d’abord dansées et développées par des personnes queer racisées) et ça fait chier. Mais en même temps, je me dis aussi que tant mieux pour les acteurs et les actrices qui ont l’occasion ici dans ce film d’être mis-e-s en avant, j’espère qu’iels ont pu tirer tout ce qu’iels pouvaient de la blanchité. Surtout qu’iels sont vraiment INCROYABLES et que les scènes de danse, qui sont certainement les scènes plus belles que j’ai vu de ma vie, aussi bien de danse que de scènes de film en général en fait, sont OUFS. Et on a ça toute une première partie du film, et ça suffit déjà pour avoir un film incroyable, et la deuxième partie est consacrée à une sorte de descente aux enfers avec la soirée qui vire au cauchemar parce que tout le monde est défoncé et la vérité, c’est que je savais pas trop quoi en penser quand je suis sortie du film mais ce que je savais, c’était que c’est une des expériences cinématographiques les plus intenses que j’ai eu. J’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi fort au cinéma et clairement pas d’une manière positive, et je peux pas en dire plus parce que ça vous spoilerait trop le film et qu’il faut vraiment laisser la totale surprise, alors maintenant à postériori, je me dis que juste pour ça, pour l’expérience que c’est, Climax c’est quand même un film qui vaut la peine d’être regardé

 3. Happiness road de Hsin Yi-Sung

J’ai pas envie de spoiler ce que je dirai sûrement dans le futur parce que je pense que je reparlerai en détail de ce film parce que y’a vraiment beaucoup beaucoup de choses à aborder. Mais pour l’instant, je dirais juste que le film m’a touchée parce que j’ai relate, vraiment beaucoup, pour toutes les questions autour de la famille notamment : comment réussir à concilier sa propre liberté et les volontés de sa famille, comment parvenir à se faire son propre chemin sans devoir s’éloigner de sa famille, et je sais que c’est flou dit comme ça, mais je pense que les personnes racisées issues de l’immigration, particulièrement, peuvent comprendre cette idée de dilemme entre vivre sa vie ou vivre la vie que nos parents auraient voulu qu’on vive. Et je pense que c’est quelque chose qui est beaucoup ressorti de mon visionnage du film, même si c’est jamais abordé de manière directe et que c’est même pas forcément l’objet principal du film, et pour ça, Happiness Road qui m’a le plus touchée en 2018.  C’est peut-être d’ailleurs le film qui m’a fait le plus chialer en 2018

2. Un couteau dans le coeur de Yann Gonzalez

C’était inattendu, même moi je me demande encore ce que fait ce film là, moi qui a si peu d’amour pour les films français. Mais je pense que j’ai adoré ce film parce que c’était vraiment mon esthétique visuelle : les couleurs néons, déjà, puis j’ai adoré comment c’était dark, malsain et flippant (en vrai c’est terrifiant, même) toute cette association entre le sexe et la mort. Pour celles et ceux qui ont la flemme de lire le synopsis, c’est au sujet d’une réalisatrice de films pornos qui se retrouve dans une enquête policière parce que ses acteurs se font assassiner, ce qui explique l’association cheloue sexe-mort. L’intrigue est intelligente, le film réussit quand même vite fait à satisfaire les fans de films policiers en quête de mystères à résoudre alors même que là on s’y attendait pas trop. Par contre, c’est très blanc (normal wesh, c’est un film français) mais c’est aussi très queer en revanche : il me semble qu’il y a pas une seule relation non-queer dans le film et ça, c’est quand même un tout petit peu chouette

1. A Silent Voice de Naoko Yamada

Et voilà pour moi la pépite de 2018 (d’ailleurs qui date de bien avant 2018 mais qui n’est sorti que cet été en France) : le film le plus beau que j’ai vu en 2018 mais aussi certainement un des plus beaux films que j’ai vu dans ma vie. C’est un film d’animation (et on connaît bien hein le mépris dans les pays occidentaux pour les films d’animation, cantonnés à être des films seulement « pour enfants » trop naïfs et simples pour être des grands films) qui traite la question du harcèlement scolaire, de la dépression, de l’anxiété, comme aucun autre film n’a réussi à le faire auparavant, avec une très grande justesse et une grande douceur. Il arrive à aborder la question de la santé mentale sans jamais être dans la culpabilisation, l’injonction à aller mieux et à être heureux, qui est pratique courante dans les films à ce sujet d’habitude. C’est un film qui m’a brisé le cœur et qui, tout en même temps, m’a fait beaucoup du bien. C’était touchant, émouvant mais c’était aussi joli et extrêmement drôle et j’ai jamais autant aimé pleurer, de rire et de tristesse, devant un film

C’est un peu un TOP 10 chelou, avec des films auxquels on s’attendrait pas trop à voir dans un TOP 10 de Meilleurs films, avec des films pour lesquels je me fais certainement aussi vachement juger par les « vrais » cinéphiles. Mais je pense que ça se voit un peu, c’est pas n’importe quel TOP 10. C’est un TOP 10 d’une meuf un peu amère que ça soit toujours les mêmes films de mecs blancs cishet qui soient valorisés, d’une meuf racisée est-asiatique pour qui le traitement politique de certaines questions, comme la race, le genre dans les films est super important, donc dont les questionnements politiques se traduisent forcément d’une manière ou d’une autre, volontairement ou pas, dans les goûts cinématographiques. Ce que je veux dire, c’est que dans ce TOP 10 il y a, certes, bien une volonté de promouvoir certains films plus que d’autres, mais c’est aussi au-dessus de ma volonté : dans ce TOP 10 c’est bien des films que j’aime particulièrement plus que d’autres, et ce parce qu’inconsciemment, y’a bien tout mon parcours social qui joue et qui fait que je suis plus orientée vers certains films que d’autres. BREF j’ai du mal à dire ce que je veux dire, mais tout ça pour dire que : oui mon TOP 10 est politique d’une certaine manière, mais il reste sincère, ça reste MES films préférés de 2018 et c’est des films biens donc allez les regarder

Et en vrac, les films qui m’ont au contraire beaucoup déçue et que j’ai pas du tout aimé : Crazy Rich Asian (mais on en reparlera dans un post à venir…), The shape of water, Call me by your name.Et les films que j’aurais voulu avoir vu et qui auraient certainement pu figurer dans ce classement si ça avait été le cas et qu’il faut que je rattrape : Rafiki, Mandy, Parvana. 

 Voilà, des bisous

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